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L’islam en Amérique Latine : une présence discrète

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Oumniya
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MessageSujet: L’islam en Amérique Latine : une présence discrète   Jeu 10 Mai - 22:02

salam


L’islam en Amérique Latine : une présence discrète, une évolution lente
10/05/2007 -


Phénomène religieux peu connu, la présence de l’Islam en Amérique latine reste discrète et peu étudiée. Composée à son origine par une communauté d’immigrés moyen-orientaux (d’origine libanaise et Palestinienne), la communauté musulmane latino-américaine se transforme et s’ouvre aux nationaux, convertis.

Phénomène religieux peu connu, la présence de l’Islam en Amérique latine reste discrète et peu étudiée. Composée à son origine par une communauté d’immigrés moyen-orientaux (d’origine libanaise et Palestinienne), la communauté musulmane latino-américaine se transforme et s’ouvre aux nationaux, convertis.




Ne représentant même pas 1% de la population totale, soit 6 millions d’individus, la communauté musulmane américaine et surtout sud américaine, ne progresse qu’à un rythme très lent. Les Etats-Unis, dont le nombre de convertis croît à un rythme plus soutenus, permet de maintenir le nombre de musulmans américains à un nombre relativement important. L’Argentine, le Mexique, le Venezuela et le Brésil sont ensuite les 4 pays dont la population musulmane est la plus importante.
Malgré cela, le continent américain dans son ensemble ne voit pas évoluer sa population musulmane au même rythme que sur les autres continents.


L’islam en Amérique du sud, une présence moins récente qu’on ne le croit et une histoire à écrire

Depuis les années 90, et notamment les festivités liées à l’anniversaire de la « découverte de l’Amérique », de nombreuses voix d’historiens se font entendre pour remettre en cause l’histoire établie. Au Brésil, par exemple, le navigateur portugais Pedro Alvarez Cabral était considéré jusqu’à très récemment comme le premier explorateur de ce pays. De nouvelles recherches tendent à démontrer la présence de musulmans antérieure à l’arrivée des Portugais au Brésil. De nombreuses inscriptions avec le terme Allah, ont par exemple été trouvées. Des linguistes ont identifié dans les langues amérindiennes et dans le nom de certains villages, la présence de mots d’origine arabe. Ces indices, d’une présence antérieure à l’arrivée des explorateurs européens restent encore à étayer, mais pourraient, dans un moyen terme, remettre en cause tout un pan de l’histoire Pré-colombienne.

L’immigration Moyen-orientale

Officiellement, c’est à partir du milieu du 19e siècle, que l’on date l’arrivée des premiers musulmans en Amérique latine. Il s’agissait d’immigrants provenant de Palestine, de Syrie et d’Egypte. Ils étaient surnommés les « Turcs » car, tous étaient munis de passeport provenant de l’Empire Ottoman. La plupart s’installaient en tant que commerçant dans les grands centres, les capitales. Mais il faut souligner qu’ils ne choisissaient pas tous cette facilité. En Equateur, par exemple, ces musulmans étaient connus pour traverser les montagnes à dos de mules et aller de la côte est à la côte ouest, transportant leur produit ou cherchant à monter leur petit commerce dans les villages les plus éloignés. Aujourd’hui encore, les noms des produits qu’ils vendaient sont encore connus sous leur forme originelle : Tamar (dates), maiy zahar (fleur d’oganger), falafel (poivrons) , basbusa and baklaw (baklawa).

Plus récemment, une nouvelle vague d'immigration eut lieu. Les immigrants d'origine toujours moyen-orientale, mais également indo-pakistanaise, choisirent de s'installer dans de nouveaux pays, comme le Chili, la Colombie ou le Paraguay. Tous ces migrants eurent de nombreuses difficultés à afficher leur appartenance religieuse. La plupart des pays autorisaient la liberté de culte, mais l'omniprésence de l'Eglise catholique et son pouvoir démesuré rendaient la pratique cultuelle musulmane toujours trés compliquée.
C’est en Argentine que les premiers musulmans s’organisèrent. En 1928 y fut créé à Córdoba la Sociedad Árabe Musulmana de Socorros Mutuos, puis en 1957, le premier centre islamique fut créé à Buenos Aires avec à l’intérieur la première mosquée dirigée par des Imams Egyptiens[1].

Les raisons d’une lente évolution de la population musulmane

L’isolement géographique

Dans un premier temps, il ne faut pas sous-estimer l’isolement géographique. En effet, le continent américain est éloigné de tous les grands centres de diffusion de l’Islam et des terres habituelles d’émigration. L’Asie aussi bien que le Moyen-Orient se trouvent à des milliers de kilomètres des métropoles Sud-Américaine. Cet isolement atténue considérablement l’impact de tous les moyens qui, habituellement, sont utilisés pour véhiculer l’Islam. Qu’ils s’agissent des nouveaux moyens de communication (Internet, la télévision par satellite par exemple) ou des plus classiques, humains, tous se heurtent à cet isolement. D’ailleurs, il est clair que les mouvements musulmans connus pour leur prosélytisme n’ont jamais fait de l’Amérique Latine, une de leur priorité.

La ferveur de la foi catholique et l’implantation de nombreux courants missionnaires rendent forcément les populations moins réceptives aux autres religions, et plus particulièrement à l’Islam à l’égard de laquelle une méfiance systématique s’est développée depuis des décennies.
Arrêtons nous quelques instants sur l’exemple du Brésil, la plus grande nation catholique du monde. En dépit de ce que l’Eglise peut affirmer, elle a perdu de nombreux adeptes dans ce pays. Cependant, contrairement à ce qui peut se passer sous d’autres horizons, ces anciens catholiques préfèrent rejoindre d’autres églises ou sectes, que les rangs des musulmans.

Les responsables des organisations musulmanes arguent que la culture latine et donc festive des brésiliens constitue un obstacle à leur travail de prédication et de propagation du message Coranique. On a peine à entendre cet argument quand on connaît la nature profondément religieuse des Brésiliens. Pour Maria Moreira[2], l’une des plus célèbres converties brésiliennes, ces leaders se cachent derrière de faux argument pour ne pas assumer leurs propres responsabilités. Selon elle, le travail des institutions musulmanes se borne principalement aux services rendus à la petite communauté d’immigrés arabes et aucunement à l’information ou l’éducation des populations non musulmanes. Les relations entre ces immigrés, pour la plupart Libanais, et les Brésiliens qui se convertissent à l’Islam sont très difficiles et compliquées. Les premiers se servent souvent des erreurs des néophytes comme des « preuves » de leur « incapacité » à pratiquer l’Islam.

« Les convertis doivent ainsi faire face aux critiques de leurs familles, de leurs amis, de la société brésilienne tout entière, et pire, à celles de leurs propres frères et sœurs en Religion »

Un autre obstacle qui se présente à ces nouveaux musulmans est celui de la barrière linguistique. Très peu d’arabes parlent couramment le portugais et vice et versa. Très peu de livres sont traduits en portugais, et le petit nombre concerné est soit mal traduit soit extrêmement pauvre en terme de contenus. D’une façon générale donc, le Brésil et l’Amérique Latine dans sa globalité sont confrontés, plus que tous les autres continents à un problème de ressources. L’exemple brésilien montre bien à quel point l’éloignement géographique a conduit nécessairement à un isolement en matière de communication, voire même à un isolement des communautés arabe immigrées préférant se regrouper autour de leurs valeurs communes plutôt que de s’ouvrir voire d’accepter les nouveaux venus. D’ailleurs les conversions à l’Islam sont encore très récentes tout comme la construction des mosquées. Les premiers lieux de cultes officiels virent le jour dans la plupart des pays d’Amérique Latine à la fin des années 80 et au début des années 90 (1994 par exemple en Bolivie, 1988 au Chili, 1994 en Equateur pour donner quelques exemples).


Les réticences culturelles et politiques

Même si l’on prend en compte l’argument selon lequel, l’Islam fait partie, via l’histoire de l’Espagne, du patrimoine historique des Sud-Américains, il ne faut pas sous-estimer le fait que cette religion reste profondément étrangère à la culture des populations vivant dans ces pays.

Ainsi en Argentine, où l’on dénombre l’une des plus grosses communautés musulmanes du continent (700 000), la construction de la plus grande mosquée d’Amérique du Sud a soulevé un tollé général parmi les habitants de Buenos Aires. Ce projet, sponsorisé par l’Arabie Saoudite et qui prévoyait l’élaboration d’un immense centre islamique en plein cœur de la ville, a rencontré une très forte opposition. Il a fallu tout le soutien et l’appui du Président de la République, Carlos Menem, pour qu’enfin il puisse voir le jour en 2001.

Les Argentins reprochèrent fortement ce soutien au Président qu’ils n’hésitèrent pas à surnommer « le Turc » pour stigmatiser son rapprochement avec le Royaume Saoudien, et pour dénoncer le fait qu’il ne se préoccupait pas du sort réservé aux catholiques dans ce pays[3].

A Cuba, l’un des derniers grands bastions communiste de la planète, l’opposition est évidemment plus politique. L’interdiction de construire de mosquées ou de créer des associations musulmanes, rend la pratique du culte musulman plus difficile. Même la visite récente de Sheikh Muhammad Al-Aboudy[4], secrétaire générale de la Muslim World League, n’a pas permis de débloquer la situation. Ce dernier insista, sans succès, auprès des autorités cubaines afin que celles-ci autorisent la construction d’une Mosquée à la Havane. Le gouvernement lui fit comprendre que cette autorisation ouvrirait une brèche dans la société cubaine et que s’il facilitait le projet d’une mosquée, il se verrait assailli de demandes pour la construction d’églises catholiques ou protestantes.


Le cas particulier des Indiens du Chiapas[5]

Depuis une dizaine d’années, un mouvement de conversions sans précédent a lieu au Mexique, dans le Chiapas, l’un des Etats les plus pauvres du Mexique. Le plus insolite dans ce phénomène, c’est qu’il s’agit essentiellement d’indiens Tzotzils chassés depuis plusieurs années dans les faubourgs de San Cristobal car fortement suspectés de soutenir le mouvement zapatiste. Au milieu des années 90, un groupe de musulmans, les Morabites issus d’une voie soufie marocaine vient s’installer dans cette ville. Il a suffit de quelques mois pour que quelques 200 indiens se convertissent à la foi musulmane.

Tous accomplissent scrupuleusement leurs rites, et un grand nombre ont été à la Mecque faire le Pélerinage. Les Indiens ont été séduits par le caractére universel des principes énoncés par le Coran ; comme le dit Anastasio Gomez, dans cette religion "la race ne compte pas". Dans bien des cas, la conversion leur a surtout permis de drenouer avec leurs racines : "les chrétiens ont ruiné leur culture" raconte Estéban Lopez, secrétaire général de la communauté musulmane. "Dans l'Islam, les Indiens redécouvrent leurs valeurs originels" ajoute t-il.

A San Cristobal, on dénombre aujourd’hui prés de 350 indiens convertis ; les 60 enfant appartenant à cette petite communauté, fréquentent la madrasa et y reçoivent un enseignement religieux de la maternel au collège, y compris l’arabe. Le mouvement a pris une telle ampleur que la classe politique mexicaine a cru de bon ton de chercher, une nouvelle foi a marginaliser ces indiens qu’elle aime si peu. En effet, le président Vicente Fox a exprimé la crainte que le réseau Al-Qaida n’étende son influence jusqu’au Mexique.

En réalité, même si leur chef, Aureliano Pérez, aujourd’hui connu des Mayas sous le nom d’émir Nafia, a proposé, sans succès, une alliance idéologico-religieuse aux zapatistes, le mouvement des Indiens du Chiapas, se révèle profondément apolitique. L’anthropoloque, Gaspar Morquecho, auteur d’un ouvrage sur les musulmans du Chiapas démontrent qu’ils se définissent d’abord et avant tout comme des « restaurateurs de l’Islam » .Bien que le phénomène se ralentisse quelque peu, il semble que le message coranique progresse essentiellement à l’intérieur des familles comme le montre l’exemple d’Anastasio Gómez ; rebaptisé Aka Ibrahim, il a converti tous les siens. Il est particulièrement fier de la conversion de son grand-père centenaire, qui était membre d’une secte chrétienne. “Pendant toute sa vie, il n’a pas arrêté de passer d’une religion à l’autre. Avec Allah, il a trouvé la paix”, se félicite-t-il.




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[1] Los Musulmanes en Argentina de Muhammad A.R. Ciarla
[2] Brazilian Muslims : reverting to their Islamic Past par Maria Moreira
[3]Latin America's First Mega-Mosque Opens Eyes To Islam par Chris Moss
[4]Islam in Cuba par Sheikh Muhammad Al-Aboudy
[5] Musulmanes en Chiapas par Thelman Gomez Duran


http://elkalam.com/dossiers/dossiers.php?val=184_lislam+amerique+latine+presence+discrete+evolution+lente
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