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Leïla
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MessageSujet: L'acceptation des signes extérieurs de religion aux É.-U.   Ven 8 Déc - 22:56

salam

08 décembre 2006

L'acceptation des signes extérieurs de religion aux É.-U. est un signe de diversité

Une fonctionnaire américaine discute de sa fidélité à la tenue musulmane.

Par Lauren Monsen
Rédactrice de l'USINFO

Selon Seema Matin, musulmane américaine travaillant au département d'État, il est peu probable que le port du hijab (foulard islamique traditionnel) préféré par de nombreuses musulmanes fasse l'objet de commentaires aux États-Unis, avant tout parce que le pays a toujours accepté des gens de religions, de cultures et de milieux différents. Dans une interview à l'USINFO, Mme Matin donne son point de vue sur la manière dont la liberté religieuse - et une large acceptation de la diversité en général - ont contribué à définir le climat social des États-Unis en matière d'expression des croyances religieuses.

Grâce à leur tradition d'accueil des immigrants de tous les coins du monde, les États-Unis ont réussi à absorber et à intégrer des vagues successives de nouveaux arrivants aux traditions extraordinairement divergentes, évitant ainsi dans une large mesure le genre de tensions culturelles qui se manifestent aujourd'hui dans certaines régions de l'Europe. Dans des pays tels que l'Angleterre, la France, l'Allemagne, les Pays-Bas et l'Italie, la décision d'une femme d'adopter le hijab - ou, de manière encore plus controversée, la burqa qui couvre toute la figure et ne laisse qu'une fente pour les yeux - soulève souvent la question de savoir si les immigrants musulmans n'ont pas des difficultés à s'assimiler dans la société occidentale. Dans certains de ces pays, notamment la France et les Pays-Bas, la montée des ressentiments dans la population a conduit les gouvernements a adopter des politiques visant à limiter le port de signes extérieurs de religion en public afin d'encourager les musulmans européens à se mêler à leurs voisins non musulmans.

Aux États-Unis, où la liberté d'expression est garantie par la Constitution, rares sont les lois limitant le port de vêtements religieux. Certaines visent à protéger contre l'utilisation frauduleuse de documents d'identification, par exemple les passeports, les visas et les permis de conduire dont la photo doit montrer le visage entier. Dans ces cas, les prescriptions s'appliquent à tous, y compris aux ressortissants d'autres pays se déplaçant aux États-Unis avec un visa américain. D'autres lois limitent le port de certains vêtements pour des raisons de santé ou de sécurité. Mais ici encore, ces restrictions s'appliquent à tous les individus et elles fixent des normes objectives d'habillement qui ne sont en rien liées au sens religieux du vêtement.

Les musulmanes d'aujourd'hui choisissent de porter le hijab

Mme Matin trouve ironique que de nombreuses musulmanes nées et élevées dans des pays occidentaux reprennent maintenant le hijab que leurs mères et leurs grand-mères avaient délaissé comme étant rétrograde. Son histoire illustre cette évolution, ajoute-t-elle. Née et élevée aux États-Unis, elle a commencé à porter le hijab au milieu des années 90, en dépit des objections de nombre de ses proches. « Aucune femme de ma famille ne l'avait fait et plusieurs d'entre elles ont essayé de me décourager », se souvient-elle. Ses parents, émigrés pakistanais appartenant à la haute bourgeoisie bien éduquée du pays, ont d'abord été troublés par sa décision mais aujourd'hui, ils l'acceptent.

Pour Mme Martin, le port du hijab est un rappel quotidien des principes musulmans qu'elle essaie de suivre et il l'aide donc « à être une meilleure personne ». De plus, étant donné que « la modestie est importante dans la culture islamique, le port du hijab est le minimum » requis pour la tenue des femmes musulmanes. Cependant, dans sa famille et parmi ses amies, « on trouve un large éventail d'opinions quant à savoir si les musulmanes doivent se couvrir la tête. J'ai des cousines » dit-elle « qui se la couvrent, d'autres pas. Mais je n'en connais pas beaucoup qui se couvrent le visage ». Et elle ajoute que « les musulmanes qui portent la burqa qui couvre tout le visage sont une petite minorité dans les pays occidentaux ».

Aux États-Unis, dont les habitants sont tellement habitués à voir diverses formes d'expression religieuse, il n'y a pas de restrictions sur le port du hajib dans les écoles, les bureaux ou autres lieux publics, explique Mme Matin, mais « dans beaucoup d'autres pays, je ne pourrais pas aller à l'école ou au bureau si je portais le foulard islamique. Par exemple, la Turquie - pays avant tout musulman - n'autorise pas le port du foulard islamique dans les bureaux du gouvernement ou à l'université et la France a interdit le port du foulard islamique, comme celui de la kippa juive ou du crucifix chrétien dans les écoles publiques. »

Cependant, bien que Mme Matin se sente parfaitement à l'aise de porter le hijab en public, elle dit qu'elle se sent obligée de sourire et d'être plus aimable avec les non-musulmans pour que « les autres ne se sentent pas gênés » lorsqu'ils remarquent le foulard. En tant que musulmane, « il est de mon devoir de promouvoir une image positive de l'islam ». De plus, ajoute-t-elle, les musulmans aux États-Unis « sont tout aussi américains que les autres » et les manifestations extérieures de religion ne doivent pas empêcher un individu d'être un membre pleinement intégré de la société au sens large.

Autres signes extérieurs de religion portés aux États-Unis

Les musulmans ne sont pas les seuls individus dévots à faire connaître leur présence aux États-Unis. Dans d'innombrables villes américaines, il n'est pas rare de voir des juifs (et quelquefois des juives) pratiquant(e)s porter la kippa (calotte juive) ou des prêtres catholiques et des ministres ordonnés d'autres confessions porter le col ecclésiastique.

Et dans tout le pays, des religieuses de divers ordres couvrent normalement leur tête d'un petit voile pas tellement différent du hijab musulman et bien des chrétiens portent des crucifix en pendentif et les femmes hindoues portent leurs brillants sari indiens qui ont souvent été liés à leur religion.

Les Américains acceptent tout autant les choix vestimentaires qui ont une valeur culturelle plus que religieuse. Les élégants kimonos portés par les Japonaises américaines et les longs kaftans des hommes et des femmes venant d'Afrique ou d'Asie peuvent attirer l'attention mais ils sont rarement assujettis à des restrictions juridiques.

(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)

http://usinfo.state.gov/xarchives/display.html?p=washfile-french&y=2006&m=December&x=20061208112300GLnesnoM0.6580622
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