| | La Belgique terre religieuse | |
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Amatourahman

Inscrit le : 22 Jan 2008 Messages : 933
 | Sujet: La Belgique terre religieuse Mar 11 Mar - 11:48 | |
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La Belgique terre religieuse Christian Laporte
Mis en ligne le 11/03/2008
La société belge francophone n'est pas aussi a-religieuse qu'on le pense. Le Baromètre du religieux montre que le christianisme interpelle toujours un francophone sur deux. L'islam perce surtout à Bruxelles.
Réagissez Interview d'Olivier Servais, sociologue de l'UCL,à propos du baromètre des religions
Le Baromètre du religieux 2008 porte bien son nom. En effet, alors qu'on aurait pu s'attendre au constat d'un déclin des religions en Belgique, avec une chute radicale du catholicisme, les chiffres rassemblés par le bureau d'études Sonecom à l'initiative de "La Libre Belgique", de "Dimanche", de la RTBF, de Lumen Vitae et de l'UCL s'inscrivent en faux contre cette vision. Mais, bien entendu, si la Belgique reste une terre religieuse, c'est dans le contexte d'un pays occidental à l'aube du XXI e siècle.
Ainsi 43 pc de Belges francophones se disent encore catholiques face à 17 pc d'athées, 10 pc d'agnostiques et 0,8 pc qui se reconnaissent clairement dans la laïcité organisée. Mais la donnée la plus marquante de la deuxième édition du Baromètre du religieux est quand même la présence désormais en communauté française de Belgique de 12 pc de musulmans. Si à Bruxelles, ils représentent un tiers de la population, leur présence est plus relative dans les provinces francophones mais leur position face aux grands enjeux de transmission des valeurs est telle que la donne devrait interpeller les décideurs politiques comme le dit dans notre dossier le sociologue et anthropologue Olivier Servais (UCL) dans une optique plus positive de nécessité de dialogue que, par exemple, celle de Samuel Huntington qui y verrait surtout un choc des civilisations...
Du reste, les données récoltées par Sonecom tendent à montrer que les Belges restent très religieux : 80 pc se disent attachés aux traditions religieuses mais 68 pc se disent croyants. Dont 42 pc de non-pratiquants mais aussi plus d'un quart qui disent encore pratiquer.
Certainement pas tous les dimanches comme jadis : 23 pc des Belges francophones ont assisté à au moins 10 offices religieux ces douze derniers mois et il y a un noyau dur de 8 pc qui a assisté à au moins une cérémonie par semaine. Mais en même temps, un sur trois n'a pas mis les pieds dans une église, un temple ou une synagogue.
Lieu de recueillement
Cela dit, lorsqu'on interpelle les visiteurs de lieux du culte, leurs réponses sont intéressantes : près d'un sur deux y entre pour se recueillir et un tiers pour participer à des célébrations religieuses communes. Un Belge francophone sur sept participe à la vie de la communauté religieuse : 13 pc font des pélerinages et une quantité équivalente est familière de retraites.
La prière ? Elle interpelle un Belge sur deux. De temps en temps ce qui contraste avec un tiers de la population qui ne prie jamais... Il est aussi intéressant d'approcher l'expérience du divin : 64 pc disent l'avoir trouvé dans la nature et à peine moins dans l'amour et dans la prière. Mais pour deux Belges sur cinq, c'est dans l'engagement social.
Et Dieu dans tout ça ? Pour près de 60 pc, son existence est au moins probable. Et 38 pc en sont sûrs. Un tiers est dans le doute ou l'incertitude mais 12,5 pc affirment sa non-existence. La mort ou plutôt ce qui pourrait se passer dans son sillage divise aussi très fort les francophones : près d'un francophone sur quatre estime qu'il n'y a rien mais ils sont quand même 72 pc à estimer qu'il y a quelque chose lorsqu'on passe de l'autre côté du miroir.
Mais au-delà de ce portrait spirituel, le Baromètre est surtout très éclairant sur la manière dont se fait ou devrait se faire la transmission des valeurs religieuses mais aussi laïques. A l'heure de la famille éclatée, l'école est le premier lieu d'éducation religieuse ou philosophique. A l'inverse, à l'autre bout de l'échelle, les médias sont considérés comme n'entrant pas du tout dans l'éducation religieuse ou philosophique par 55 pc des personnes consultées. Selon le Baromètre, ce rôle devrait revenir prioritairement aux parents avant l'école et les grands-parents. Et même avant les communautés religieuses ou philosophiques.
LLB |
|  | | Amatourahman

Inscrit le : 22 Jan 2008 Messages : 933
 | Sujet: Re: La Belgique terre religieuse Mar 11 Mar - 11:51 | |
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Foi-certitude contre foi-espérance Mis en ligne le 11/03/2008
La sécularisation galopante de nos sociétés occidentales ? Une assertion à revoir de toute évidence... A la foi-certitude de l'islam s'oppose, sans velleités agressives, la foi-espérance des chrétiens... Une autre leçon intéressante du Baromètre.
Ceux qui évoquent la sécularisation de notre société seraient donc à côté de la plaque...
C'est vrai et pas vrai à la fois. Quand on fait une stratification par appartenances religieuses, l'islam prend une place certaine dans notre environnement communautaire. C'est dans ses rangs que se situent un grand nombre de pratiquants, que l'on perçoit encore la famille comme un endroit important pour la diffusion de la foi et que l'on voit qu'il touche un grand nombre de jeunes.
Une bonne part du message est toujours transmis à partir de la cellule familiale. En fait des caractéristiques qui étaient celles hier des catholiques !
Mais il y a des différences entre l'islam et le christianisme...
Il y a trois grandes césures. La foi-certitude des musulmans se heurte à la foi-espérance des chrétiens. On construit très différemment sa croyance.
Deuxième différence fondamentale qui ressort de l'enquête : les valeurs des musulmans et celles des chrétiens ne sont pas les mêmes. Là où la foi et la spiritualité sont centrales pour l'islam, les chrétiens renvoient à l'amour et à l'amitié. La dimension relationnelle et de la quête de soi y prend une place prépondérante. Ces valeurs de référence des chrétiens sont aussi mises en avant par les athées et les agnostiques ainsi que par les croyants sans références précises...
Une autre donnée importante du baromètre est relative au lieu de la transmission des valeurs. C'est l'école...
Oui, pour les catholiques et pour les croyants sans références précises. Au contraire, pour les musulmans, la transmission doit revenir ou bien à la famille ou en tout cas à la communauté de vie privée des croyants. Alors que, chez les chrétiens, l'école n'exclut pas une certaine dimension critique, les musulmans se situent aux antipodes.
Et cela peut poser un vrai problème de société car on n'est pas à l'abri d'un choc frontal entre ce modèle quasi-républicain de l'école officielle et l'attente des musulmans.
LLB |
|  | | Amatourahman

Inscrit le : 22 Jan 2008 Messages : 933
 | Sujet: Re: La Belgique terre religieuse Mar 11 Mar - 11:53 | |
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"Le monde politique ne développe plus d'utopies sociales" christian laporte
Mis en ligne le 11/03/2008
Le Baromètre 2008 devrait être lu attentivement par le monde politique... Pour le chercheur de l'UCL, certaines religions pourraient se substituer à lui. Il était frappant de voir revenir à l'avant-plan des "Sages" qui sont en fait tous des anciens qui ont connu leur heure de gloire en d'autres temps... Pour Olivier Servais, les résultats du Baromètre reflètent l'évolution de la société belge francophone.
Quelles sont les principales leçons que vous tirez de ce deuxième baromètre du religieux ?
Il y a des confirmations et c'est très utile ! Il y a une telle volatilité, une telle instabilité des opinions religieuses qu'il est difficile d'en tirer des conclusions sur le court terme. D'où l'intérêt d'avoir refait l'exercice ce qui nous permet d'avoir des points de comparaison, des points d'ancrage...
A savoir...
Le baromètre confirme qu'en Belgique francophone, entre 43 et 49 pc de la population se disent chrétiens. Près d'un Belge sur deux reste lié au christianisme. Essentiellement des catholiques, le protestantisme ne représentant que de 5 à 10 pc du chiffre précité. La deuxième grande leçon du baromètre est la croissance de l'islam, surtout à Bruxelles. Une personne sur trois s'y dit musulmane là où des enquêtes antérieures parlaient de une sur quatre. Ce n'est pas une surprise : notre population musulmane est plus jeune et croît d'année en année dans les statistiques puisque le nombre des 18 ans et plus augmente bon an mal an dans leurs rangs. C'est un phénomène essentiellement bruxellois car dans d'autres villes on atteint à peine 3 à 5 pc de la population. Un autre enseignement a trait à l'autre versant du Baromètre : la transmission des valeurs. Il y a un véritable enjeu autour des contenus religieux, philosophiques, spirituels que l'on veut transmettre aux générations futures. Cela ressort particulièrement des réponses musulmanes mais c'est vrai pour toutes les obédiences.
Le lieu de la transmission évolue aussi ?
Oui, pour 40 pc, le principal lieu de transmission des valeurs philosophico-religieuses reste l'école mais la famille, sous toutes ses formes est très sollicitée. Les institutions perdent leur primauté au profit de la première cellule d'éducation. Chez les musulmans, un rôle important sinon capital est joué par les parents et les grands parents. Chez les catholiques, cette mission est tantôt assumée encore par la famille tantôt par l'école, tantôt par des institutions comme les mouvements de jeunesse voire les communautés religieuses modernes. Car le monde catho n'échappe pas au phénomène des familles délitées...
Le Baromètre livre aussi des données intéressantes sur la laïcité organisée..
Oui, l'on s'est focalisé sur elle comme une instance importante et on l'a même vue comme une contre-Eglise. Or à peine 1,5 pc des Belges francophones se reconnaissent dans cette laïcité institutionnelle. En fait, les athées et les agnostiques connaissent aussi la désinstitutionnalisation.
Quid alors des institutions ?
Elles réagissent déjà faute d'autre choix et s'inscrivent dans une logique d'accompagnement personnalisé ce qui demande plus de moyens humains car c'est une démarche qualitative.
Les clercs doivent donc changer leur fusil d'épaule... Ils ne peuvent plus se contenter de s'adresser aux chrétiens depuis leur siège paroissial. Ils sont du reste de moins en moins nombreux ce qui a conduit à un phénomène d'"importation". En fait, on en vient à se demander s'ils ne devraient pas se transformer de plus en plus en aumôniers. Le problème est que cela leur prendra de plus en plus de temps car leurs rangs se clairsèment... Il y a aussi la piste des assistants paroissiaux; de toute façon, les laïcs seront invités à s'investir davantage.
La religion demeure dynamique mais les églises sont vides...
L'enjeu est dans les relations interpersonnelles. Les piliers devront rendre des services de manière moins institutionnelle qu'auparavant. C'est un peu un paradoxe.
Il y a encore 68 pc de croyants...
On dépasse les deux tiers de la population mais si on examine ces chiffres de près, on constate que ça se situe dans un contexte de mutation et d'évolutions intéressantes : 14 pc des croyants interrogés (8 pc du total) disent avoir été tentés de changer de religion ou ont franchi le pas.
Quels sont ces nouveaux courants religieux si attractifs ?
D'abord le bouddhisme avec 41 pc; le catholicisme arrive en deuxième place (18 pc) talonné par les protestants (13 pc), essentiellement évangéliques. Puis 10 pc ont opté pour l'islam et autant pour les mouvements religieux contestés, les sectes...
Le Baromètre fait ressortir de fortes différences sociales...
Quand on croise convictions et niveaux d'études, l'islam est le courant qui recrute principalement dans les milieux populaires alors que chez les catholiques, il y a une présence dans toutes les strates sociales. Si on fait des corrélations à partir de là avec la prière, on remarque que plus on a eu une éducation élevée, moins on prie. Et le rapport est inversement proportionnel entre le niveau d'études et la foi.
Quelles conclusions tirez-vous du Baromètre 2008 ?
Il y a un besoin de stratégies de diversification tant pour les religions que pour l'Etat. A côté de la famille, le Baromètre insiste sur l'école comme lieu de transmission des valeurs. Une pierre dans le jardin de ceux qui voudraient supprimer l'éducation philosophique à l'école... 75 pc la considèrent comme importante voire très importante. A noter un rapprochement entre chrétiens et laïcs face à un axe islamo-pentecôtiste.
On n'est pas à l'abri d'une confrontation majeure ?
C'est pas exclu : on a d'une part un islam populaire et jeune qui se replierait sur ses communautés de vie et de l'autre des élites postchrétiennes, croyantes ou agnostiques qui professent des valeurs très différentes. Il y a un problème à gérer cette dissociation. Quid, si l'on voyait émerger un parti musulman avec un programme cohérent et des personnalités charismatiques ? Et quid s'il engrangeait 25 pc des voix bruxelloises ? J'ai l'impression que le monde politique ne veut pas voir cette réalité en face. Jusqu'à présent, les grandes familles politiques ont voulu avoir "leurs" musulmans et ils ont cru que l'Exécutif réglerait les problèmes. Mais on ne peut pas institutionnaliser l'islam. Et même si on voulait miser sur le monde politique, le Baromètre montre un énorme fossé entre les convictions des francophones et les partis. Une large majorité ne se reconnaît plus ou pas dans les partis. Ces derniers ne font plus rêver, n'ont plus de projet utopiste. C'est frappant par rapport à la situation des dirigeants d'Amérique latine : on y perçoit encore des projets de société, de gauche ou de droite. Chez nous, les hommes politiques à l'exception de certains écolos semblent incapables de développer encore des utopies sociales. Ils subissent la globalisation et les lois du marché et ne voient pas débarquer des utopies réémergentes venues d'ailleurs dans le sillage de l'islam ou du pentecôtisme. On court le risque de voir certaines religions prendre le relais du politique obsédé par le pragmatisme et par l'immédiateté. Il était frappant de voir revenir à l'avant-plan des "Sages" qui sont en fait tous des anciens qui ont connu leur heure de gloire en d'autres temps...
LLB |
|  | | Amatourahman

Inscrit le : 22 Jan 2008 Messages : 933
 | Sujet: Re: La Belgique terre religieuse Mar 11 Mar - 11:55 | |
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L'exception brabançonne wallonne Christian Laporte
Mis en ligne le 11/03/2008
Sur le plan des convictions religieuses et philosophiques, la Communauté française est loin d'être monocolore... Le Baromètre de 2005 avait déjà montré une certaine structuration géographique du religieux. Mais la comparaison traditionnelle de la ville plus sécularisée que la campagne ne tient plus la route !
Est-ce que les données du premier Baromètre sont confirmées ?
Bruxelles apparaît de plus en plus comme une zone de pluralisme religieux : si le christianisme y semble assez bas avec 42,5 pc, il y a aujourd'hui 33 pc de musulmans devant les croyants juifs et protestants.
En fait, on pourrait construire un axe de Bruxelles à Arlon en passant par le Brabant wallon et Namur : plus on s'éloigne de la capitale, plus le taux de chrétiens augmente mais pas la pratique. Bruxelles est, en fait, de plus en plus une mégalopole sensible aux grandes innovations de la société globale. Une ville-région où la tradition chrétienne s'effrite progressivement. A l'inverse, le Luxembourg reste très traditionnel mais en même temps, très postconciliaire : 71 pc de catholiques y sont désormais largement non pratiquants. Donc la province reste culturellement chrétienne mais on remarquera également que c'est aussi celle où le taux d'athéisme est le plus bas.
Quant aux deux grands bassins wallons qui se confondent partiellement avec les provinces du Hainaut et de Liège, ce ne sont plus ces lieux de laïcité forte qui ont accompagné l'industrialisation et l'émergence du mouvement ouvrier mais j'y verrais plutôt l'émergence d'un nouveau centrisme convictionnel : on y a vu croître à la fois les croyants sans appartenance fixe et les agnostiques.
Point commun : une tolérance certaine et une belle ouverture d'esprit !
Le Brabant wallon est aussi une région très intéressante...
Oui, si à Bruxelles, les croyants les plus assurés se retrouvent dans les rangs musulmans, le Brabant wallon fait émerger des proportions de pratique catholique plus fortes que dans les provinces de Namur et du Luxembourg. Mais cela ne débouche pas sur une foi forte; elle est plutôt incertaine mais s'inscrit dans une grande aspiration à une quête spirituelle. Cette situation n'est évidemment pas étrangère au niveau social et d'études d'une bonne partie de sa population. |
|  | | Oumniya Modératrice

Inscrit le : 06 Déc 2006 Messages : 2864
 | Sujet: Re: La Belgique terre religieuse Mer 12 Mar - 10:22 | |
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Les Belges restent attachés à la religion
mar 11 mar
43% des Belges francophones se disent encore catholiques, face à 17% d'athées, 10% d'agnostiques et 0,8% qui se reconnaissent dans la laïcité. Voici les résultats du Baromètre du religieux 2008, réalisé par le bureau d'études Sonecom.
La donnée la plus marquante de cette deuxième édition du Baromètre du religieux est la présence, en Communauté française, de désormais 12% de musulmans. Si leur présence est certes plus relative dans les provinces francophones qu'à Bruxelles, leur position face aux grands enjeux de transmission de valeurs est telle que la donne devrait interpeller les décideurs politiques, avance ce mardi le sociologue et anthropologue Olivier Servaix (UCL) dans La Libre Belgique.
En outre, 80% des Belges francophones se disent attachés aux traditions religieuses, mais 68% se disent croyants, dont 42% de non-pratiquants et plus de 25% pratiquants.
Quant à Dieu, 60% pensent que son existence est au moins probable, contre 38% qui en sont sûrs. Le Baromètre montre encore, entre autres, que 72% des personnes interrogées estiment qu'il y a "quelque chose" après la mort.
Ce Baromètre du religieux 2008 a été réalisé à l'initiative de La Libre Belgique, de Dimanche, de la RTBF, de Lumen Vitae et de l'UCL.
http://www.rtlinfo.be/rtl/news/article/105463/--Les+Belges+restent+attach%C3%A9s+%C3%A0+la+religion |
|  | | Amatourahman

Inscrit le : 22 Jan 2008 Messages : 933
 | Sujet: Re: La Belgique terre religieuse Mer 12 Mar - 11:47 | |
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baromètre du religieux
"L'islam s'intègre bien chez nous" Christian Laporte
Mis en ligne le 12/03/2008
Analyste de l'islam en Europe, Felice Dassetto a un regard positif sur son intégration en Belgique. Certes, il faut avoir à l'oeil les tentations intégristes. Globalement, la nouvelle génération se sent à la fois musulmane et surtout d'ici... Felice Dassetto suit de près l'évolution de l'islam en Belgique et en Europe. Pour ce sociologue néolouvaniste, les chiffres globaux du Baromètre 2008 ne sont donc pas une réelle surprise. Notamment à propos de Bruxelles.
"A l'instar d'une dizaine d'autres villes européennes comme Utrecht ou Birmingham, on peut parler d'une présence stable et significative d'une minorité musulmane qui tourne généralement autour des 15 pc. Encore faut-il voir ce que les intéressés entendent quand on les interpelle sur cette identité. Il n'y a pas d'équivalence entre se dire chrétien et se dire musulman... Il faut tenir compte de certaines spécificités particulières".
Pour le Pr Dassetto, il est intéressant d'analyser la transmission des convictions musulmanes à travers les générations qui se sont succédé, notamment en Belgique : "Entre les musulmans de la première génération, arrivés dans les années 70-80 et les deux générations suivantes, c'est-à-dire jusqu'à aujourd'hui, il y a eu des voies de transmission très différentes. Par la famille, par les institutions et les associations, il y a eu diverses manières de répondre à un besoin identitaire".
Avec une certaine évolution quand même : "alors que la première génération se caractérisait par une très forte demande de rites (la demande de mosquées) et de normes (on se référait à un islam très normatif aux distinctions nettes entre le bien et le mal), il semble que la génération montante actuelle cherche d'autres modalités pour dire son appartenance."
En fait, Felice Dassetto qui a rédigé avec d'autres un rapport sur l'islam pour le Parlement européen y voit un phénomène émergent depuis une dizaine d'années dont on doit absolument tenir compte sous peine de se méprendre. Le sociologue demande aussi que l'on évite de parler de confrontation, notamment avec les chrétiens : "ce serait tomber dans le piège du communautarisme qui n'est pas une réalité de l'islam généralisable à l'ensemble de l'islam. Il faut bien préciser que la communauté musulmane n'est absolument pas homogène. L'on assiste d'ailleurs dans ses rangs à des réflexions intéressantes qui empruntent des voies multiples." A l'inverse, la crise que traverse aujourd'hui l'Exécutif des musulmans de Belgique est également intéressante à suivre : il y a émergence d'une certaine identité, d'une sorte de réflexe de défense même si les différences ethniques y sont aussi apparues avec force...
Cela dit, on ne peut certainement pas parler d'un leadership musulman en Belgique, précisément en raison de ces courants reliés à des communautés nationales différentes, à des visions de l'islam parfois contrastées et à l'absence d'une formation et d'une culture partagée. Pour Felice Dassetto, on se tromperait en parlant de l'échec de l'intégration de l'islam en Belgique : "elle chemine de manière plutôt positive eu égard à toutes les difficultés rencontrées. J'irais même plus loin en parlant presque d'un modèle de référence à propos de leur intégration. Comme souvent chez nous, on a procédé de manière empirique et par de nombreux tâtonnements mais il y a quand même des réalités incontournables : des centaines d'enseignants musulmans transmettent l'islam dans les écoles officielles et un grand nombre de mosquées ont pignon sur rue... Il y a dialogue avec des pouvoirs locaux. Et même le conflit avec le Ministère de la Justice est un signe d'intégration.Mieux, Felice Dassetto est même d'avis que l'intégration va réussir.
"Mais oui, une grande majorité d'hommes et de femmes de la dernière génération s'affirment certes musulmans mais aussi européens, belges, flamands ou wallons... Je me souviens d'une jeune fille voilée rencontrée dans le nord du pays qui affirmait avec force qu'elle était Flamande"...
Globalement, l'intégration est donc sur la bonne voie "même si de petits groupes résistent à cette intégration et s'il y a des noyaux radicaux. Mais je me dois d'ajouter que ces noyaux se comptent sur les doigts de quelques mains"...
On l'aura compris : le Pr Dassetto se range clairement parmi ceux qui ont foi en un islam belge... "Il se construit comme se construit du reste l'islam européen. Je me fatigue à dire qu'il faut avoir la patience du temps qui s'écoule. C'est une nouvelle histoire en train de s'écrire..."
Reste que d'aucuns ont peur d'un islam agressif qui pourrait coaliser les mécontents.
Pour le chercheur néolouvaniste "la peur est une mauvaise conseillère. Mais il faut être lucide face au danger d'un certain conservatisme qui serait tenté de suivre certains leaders. Il ne faut pas être naïf non plus face à certains discours vaguement interreligieux. Je suis convaincu toutefois qu'il y a une lame de fond pour un islam moderne à l'échelle du continent".
LLB |
|  | | insan
Inscrit le : 16 Déc 2006 Messages : 441
 | Sujet: Re: La Belgique terre religieuse Jeu 13 Mar - 15:10 | |
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Résultats synthétiques : Auto-Identification 47% de chrétiens (43,5% de catholiques et 3,5% de protestants) 17% d’Athées 12% de Musulmans 12% de Croyants sans religion 10% d’Agnostiques Croyances et Pratiques 80% des répondants attachés aux traditions religieuses 68% des répondants se disent croyants (13,8% de ceux-ci ont été tentés par une autre religion ou ont changé de religion, soit environ 8% du total) 27% des répondants se disent croyants et pratiquants 42% des répondants se disent croyants non-pratiquants 12 % des répondants se disent non-croyants mais attachés aux traditions religieuses 23% des répondants ont assisté à au moins 10 offices religieux les douze derniers mois 8% des répondants ont assisté à au moins 52 offices religieux les douze derniers mois 30% des répondants n’y ont jamais assisté. La moyenne est de 12,3% et la médiane de 2% (l maximum de 366). 50% des répondants prient au moins de temps en temps 31,5% ne prient jamais. L’expérience du divin : 1. Trio de tête : 64% des répondants trouvent le divin dans la nature 61% dans l’Amour 51% dans la prière (cet item détrône de peu l’amitié. Cette avancée est largement due à l’importance de la prière chez les répondants musulmans). Notons le score de 49% de la Bible qui est en croissance. 2. Duo de fin : 43% dans l’engagement social et 39% dans la liturgie. Existence de Dieu : C'est sûr 38,4% C'est probable 20,4% Je n'en sais rien 22,3% C'est peu probable 6,4% Il n'existe pas 12,5% Total 100,0% Dieu est une force, une énergie, un esprit, pour 56% des répondants. Il est une personne pour 23%. Les autres ne se prononcent pas ou le voient autrement. Après-mort 72% des répondants estiment qu’il y a quelques choses après la mort ; mais 40% ne savent pas quoi ; 23% estiment qu’il n’y a rien. Les valeurs importantes (total de 2 choix) : 52% l’amour 38% la liberté 27% l’harmonie avec soi-même
http://www.rtbf.be/info/societe/ARTICLE_165983
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