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| Sujet: Trans'form'action: journée de formation sur le(s) féminisme Jeu 25 Jan - 22:16 | |
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Trans'form'action: une journée de formation sur le(s) féminisme(s) Ecrit par la rédaction (compte rendu de la journée de formation) 09-01-2007
Extrait:
| Citation: | Ismahane Chouder qui intervient sur le thème « femmes et religions » marque un arrêt pour préciser certains éléments de base.
Le patriarcat n'a pas de fondements théologiques ou théoriques, tout en reconnaissant que celui-ci a souvent été pratiqué dans l'histoire au nom des religions. « On ne peut mettre en avant la religion comme vecteur de l'oppression des femmes, auquel cas, dans les sociétés ayant évacué le religieux, les droits des femmes seraient choses acquises. »
« Je fonde ma démarche féministe sur le faite qu'on ne peut résumé la question (de l'oppression des femmes) à la cause religieuse. » dit-elle. Elle distingue de ce fait « religion » et « systèmes religieux » pour dire que ces systèmes ont souvent relayé l'oppression masculine à travers l'histoire.
Il n'y a pas d'hiérarchie d'oppression liée à la civilisation, l'ère ou la race. C'est-à-dire qu'une oppression faite dans une société occidentale ne serait pas plus acceptable qu'une oppression semblable faite dans une société musulmane par exemple. Ni qu'une oppression faite par un blanc serait plus tolérable qu'une oppression dont l'auteur serait noir. Ou encore qu'une oppression faite par un cadre riche serait plus civilisée qu'une autre faite par un ouvrier pauvre.
Du coté des musulmans il est important de mettre en place une grille de perception qui distingue trois choses : Les textes, les lectures, les pratiques. Souvent, les systèmes religieux se sont octroyés le droit exclusif d'interpréter les textes et ont consacré une réalité où la femme serait inférieure par décret divin.
Le féminisme musulman est un féminisme qui revendique une justice pour les femmes en même temps qu'une justice pour la société entière faite de femmes et d'hommes. Il ne se reconnaît pas de ce faite dans un féminisme « revanchard » (dénoncé notamment par Élisabeth Badinter) qui œuvre pour des droits de la femme au détriment de la condition masculine. On reconnaît une telle orientation chez des associations de femmes musulmanes qui réduisent les jeunes des quartiers à un statut de triple V : « Voileur, Voleur et Violeur ».
L'intervenante conclut sur la nécessite de reconnaître autant de stratégies d'émancipations qu'il y a de femmes et de champs de culture. Le féminisme musulman qui aura besoin dans un premier temps de s'identifier en tant que tel est un début vers un féminisme au-delà des particularités.
Saïda Kada
Saïda Kada est intervenue sous le thème « les héritières de l'immigration coloniale » sur la condition des femmes musulmanes 'issues de l'immigration' vis-à-vis des mouvements féministes qui évoluaient en France. C'est une histoire de regard dit-elle. Au moment où l'on regardait la femme européenne à travers le miroir de la liberté et de l'émancipation, les femmes d'ailleurs (Maghreb entre autres) étaient vues à travers le miroir de l'orientalisme.
Ces femmes d'ici et d'ailleurs se trouvent partager aujourd'hui le même espace.
A l'arrivée des immigrés le débat semblait être clos avant même qu'il ne commence. Ces femmes étaient perçues comme incapables de penser la liberté.
A l'intérieur de la sphère musulmane les choses ne sont pas plus simples. Le travail des femmes de foi musulmanes semble plafonné au statut d'épouses. C'est un rôle auquel le fiqh (jurisprudence musulmane) dominant à réduit la femme musulmane et qui en fin de compte semble plus « une histoire d'homme, écrite par des hommes, pour les hommes. » La plupart des écrits sont centrés sur la fonction de la femme plutôt que sur l'individu lui-même ou ses sentiments.
De ce fait, en France, au moment où dans certaines associations les musulmans hommes pensent déjà à une perspective de parti politique, les sœurs elles sont toujours et depuis plus d'une décennie cloîtrées dans leurs préoccupations domestiques même lorsqu'elles se constituent en association pour fonder un travail collectif.
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