Oumniya Modératrice

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| Sujet: Une première pour les victimes de pogroms en Inde Mer 23 Jan - 18:11 | |
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Le mardi 22 janvier 2008
Une première pour les victimes de pogroms en Inde
Jooneed Khan
La Presse
Avec The Hindu, DNA, IBN, BBC, Reuters
Dans un procès salué comme une première pour les victimes de pogroms en Inde, une tribunal de Bombay a infligé hier la prison à vie à 11 hindouistes pour le viol collectif d'une musulmane enceinte et le meurtre de 14 membres de sa famille en 2002.
Un policier accusé d'avoir falsifié la plainte a écopé de trois ans de prison. Cinq autres et un couple de médecins ont été acquittés faute de preuves.
«Depuis six, cinq ans, je fuis de village en village, mais je n'aurai de cesse tant que justice n'aura pas été faite et j'interjetterai appel contre l'acquittement des sept accusés», a déclaré la victime, Bilkis Bano, 27 ans, aux médias après la sentence.
Les condamnés ont aussitôt indiqué qu'ils interjetteraient appel.
2500 victimes
Les crimes ont été commis dans un village du district de Dahod, au Gujarat, sur fond de massacres de musulmans après la mort de 59 hindouistes dans l'incendie d'un train. Les militants du parti hindouiste BJP, réélu le mois dernier dans l'État, avaient blâmé les musulmans pour l'incendie, déclenchant des pogroms qui avaient fait 2500 morts.
Le premier ministre de l'État, Narendra Modi, et le BJP qui était aussi au pouvoir à Delhi, ont été accusés de protéger les coupables. Élue en 2004, une alliance laïciste menée par le Parti du Congrès a relancé les enquêtes et une commission fédérale a établi que l'incendie du train était accidentel.
Harcelée, Bilkis avait demandé à la Cour suprême de transférer le procès du Gujarat au Maharashtra voisin. La Cour suprême a même comparé Modi à Néron «qui jouait de la lyre pendant que Rome brûlait».
«C'est une victoire pour toutes les victimes du génocide de 2002», a dit Teesta Seetalvad, une militante sociale.
Sous le tapis
«C'est la première fois qu'une victime de pogroms obtient justice en Inde», souligne le webzine DNA. «Sous prétexte de ne pas rouvrir les plaies, l'Inde tend à balayer sous le tapis ses massacres sectaires. Mais la justice doit prévaloir», poursuit-il.
Avec son mari et leur fille de 3 ans, Bilkis était chez ses parents quand des villageois ont attaqué les maisons de musulmans, le 28 février. Elle s'est enfuie avec des proches. Le 3 mars, ils étaient rattrapés dans un autre village par les mêmes émeutiers, qui l'ont violée avec deux autres femmes, et tué 14 personnes, dont sa fille de 3 ans.
Des policiers ont refusé sa plainte et l'ont menacée de mort. Dans un camp de réfugiés, une hindoue lui est venue en aide. Elle a remercié hier tous les hindous qui l'ont aidée, depuis des ONG jusqu'à la Commission nationale des droits humains. «Je suis une femme, et une musulmane, mais je me battrai pour la justice», a-t-elle dit.
http://www.cyberpresse.ca/article/20080122/CPMONDE/801220526/6643/CPMONDE |
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